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Rêve réalisé, je suis marathonienne à dater du dimanche 3 avril 2016 ! Plus beau challenge de ma life !

OK, maintenant pour les détails.

Oui, finalement c’était aussi dur que ce que je pensais. Mais pas de la façon dont je l’imaginais, histoire de laisser un peu de suspens pendant 42,195 km. La douleur n’a pas été brutale « le mur, toussa, toussa », mais elle a été progressive et insidieuse à partir des 10 derniers km… et surtout des 5 derniers. (J’ai été plus forte qu’elle quand même).

Vu que j’allais dans l’inconnu total, j‘avais 3 objectifs. Le théorique à 4h15, le 2nd entre 4h15 et 5H, et le dernier, l’objectif de base du 1er Marathon : le terminer, vivante (grosse pression de ma mère sur celui là). J’ai fini à 5h03. Mais c’est pas ça le plus important. Le plus important c’est la première phrase là haut, faut jamais oublier ça 🙂

Pendant mon entrainement, je savais, je savais, je savais, qu’il fallait que je prépare mon mental autant que mes jambes, si ce n’est mieux, parce que je me disais au cas où mes jambes me lâchent (ce qui était normal et quand même attendu pour cette distance) je savais que je pourrai compter sur mon mental pour ne jamais lâcher l’affaire. J’ai bien fait d’entrainer les deux les gars.

Départ : magique, mais mollo. 

Pourquoi j’y suis allé mollo ? Déjà à cause ma mère. Mais sinon, aussi parce que j’avais entendu mille histoires de gens qui vont trop vite au début, se grillent, et explosent au 30ème. Et bien ces histoires sont vraies. Je les ai vus, de mes yeux, vus. Dur.

Ma première impression de ce Marathon a été une une super ambiance, internationale, une course mythique, mais aussi une énorme surprise sur le nombre  de gens qui marchent tout au long du parcours, même dans les premiers km …et alors à partir du 39ème km, ceux qui couraient étaient plus rares que ceux qui marchaient. Chaud bouillant.

Les premiers 33 / 34 km ont été magiques, je n’ai rien vu passer, rien senti, j’ai profité de chaque foulée, j’ai adoré chaque seconde, j’étais dans l’instant présent toute la course, j’étais dans mon élément. Le bonheur. J’étais heureuse d’être là, j’avais de la chance d’être là et je le savais. Gratitude et sourire, tout au long de ces 33/34 premiers kilomètres.

Au 33ème, mes jambes ont commencé à montrer des signes de fatigue manifeste, et c’est là que j’ai commencé à ralentir, j’étais bien, mais juste moins bien quoi. 

34ème, j’appelle ma tête, je lui dit de passer la seconde.  Je lui ai dit, là, ça va être à toi de jouer vraiment, maintenant. Et le cerveau sergent général des armées à pris les choses en main : tu ne lâches rien. Bon, juste un peu de vitesse, mais rien de plus.

35ème : ma tête est forte, je préfère cent millions de fois plus la douleur que les regrets, je ne marcherai pas.

36ème : hors de question de marcher, tu es plus forte que ce marathon. Ma tête parle à mes jambes en direct, ça ne transite plus par moi. A aucun moment je ne sombre dans le négativisme, je savais que ça allait être dur et ça l’était. Point final.

Au 37ème, my god. Chaud patate. Sérieux les kilomètres à partir du 37 font LE DOUBLE des kilomètres normaux d’avant. Y’a énorme dol.

Mais le cerveau sergent général heureusement lui ne craint pas la fatigue, il est resté incorruptible. Tu ne lâches rien, un pied devant l’autre. Dans ma tête, je compte jusqu’à 4 en boucle, sur un air militaire. 1234, 1234, 1234…. je ne pense qu’à ça, je compte et je mets un pied devant l’autre, je ne pense à rien d’autre. 

Si, je pense à une seule autre chose : chaque kilomètre a une personne associée. Je compte, je pense à la personne pour qu’elle me donne des forces, je compte, je pense, je compte, je pense.

Quoi le fuck  : qui a mis des sections pavées sur la fin du parcours ?  Un sadique. Le mental se marre, il se bidonne sur cette petite blagounette, et il reste plus fort que les pavés, je ne marcherai pas. On arrête quand on a fini, pas quand on a mal. 

Au 40ème, énorme banane … mais plus de jus dans les jambes, elles sont complètement mortes. Je ne peux que maintenir mon allure, comme un robot. Et c’est déjà bien, me souffle le cerveau sergent général, vu le nombre de gens qui marchent autour de moi … pas faux, je lui réponds. La course est sensée faire mal, on s’entraine pour pouvoir le supporter, c’est ça, le verbe endurer. Endurance. Marathon. La boucle est bouclée.

Une fois le 42 ème arrivé, il faut savoir que « courir » se réduisait alors à « ne pas marcher », le tout en boitant. Mais pour les derniers 195 m juste pour la forme, j’ai « accéléré » (morte de rigole).

Sur la ligne d’arrivée : j‘essaye de sourire pour la photo, je lève les yeux au ciel et je crie MERCI dans ma tête. Puis YES. Puis je pleure. Puis je remercie mon corps pour ce qu’il a accompli, et je remercie mon mental d’avoir été fort. Puis je me rend compte que je boite, mais je m’en fous, je suis la fille la plus heureuse du monde à ce moment là.

Je n’ai pas marché une seule fois. Pas une fois je n’ai lâché. Pas une fois je n’ai même considéré lâcher. Ce n’était pas une option. Pour moi, le marathon c’était courir, 42,195 km. Mon mental a été impeccable, il a marché de concert avec mes jambes. J’ai été heureuse et positive toute la durée du Marathon, même quand j’ai réalisé que je ne ferai pas le temps du dossard, osef, même quand je souffrais, osef.

Alors oui j’ai mis 5h03 pour mon premier marathon, 7mn par km en moyenne au lieu des 6 mn prévues …. mais à la fin ce qui compte ? C’est la première phrase la haut, en haut de page : je suis marathonienne 🙂

Attention : je tiens à remercier expressément ici ma famille et mes amis, présents sur le parcours, présents à mes côtés pendant certains kilomètres de la course, ou présents en pensée, pour leur soutien irremplaçable. MERCI. Vous êtes merveilleux.

Encore une fois aussi, merci à mon coach et ma chiro pour ces 7 mois de préparation. Ce matin je n’ai aucune blessure, courbature, je suis en pleine forme, au paradis. C’est grâce à vous 🙂

Bravo à tous les participants, merci aux bénévoles, aux sponsors, aux organisateurs, et à la sécurité.

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