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Théoriquement relativement simple à gérer car courte, la première journée qui commence à 6h30 au réveil devrait se passer comme sur des roulettes. Devrait. Théoriquement. En effet, Tu as bien dormi (rien n’est moins sûr), et tu as rechargé tes batteries physiques et mentales. Tu est zen et inébranlable. Le cirque des tenues [pascelleci pascellelà et ellem’aprismongilet ellem’asalimonjogging] te laisse indifférente. « Débrouillez-vous et habillez-vous les enfants, chuis ni juge ni flic ». Tout s’enchaine nickel (L.O.L) du petit déjeuner à la dépose à l’école. Il est 8h20. La 1ère journée s’achève ainsi : tranquilou installée avec ton bouquin sur un siège du RER (oui je sais j’abuse là avec le siège du RER), direction le boulot.

La deuxième journée file à une allure qui te laisse assez perplexe : Hein ? Quoi ? Il fait déjà nuit ? Et ouais. Et c’est là, à ce moment précis, que tu réalises : Oh non ! My God, la 3ème journée va commencer. Avoues que parfois tu fais durer un peu plus la 2ème journée exprès pour retarder l’échéance de la 3ème. « Chéri mamour dsl suis encore en réunion, te sms qd je pars ».  Dis moi que c’est pas vrai.

Debout dans le RER, accrochée à la barre centrale comme à la vie,  tu commences à ressentir un petit coup de mou. Tu sais ce qui t’attend, t’es pas folle non plus. D’un autre côté c’est un peu normal, ça fait plus de 11h que tu t’actives non-stop, faut pas rêver.

En sortant des transports, il pleut. Tu es attendue de pied ferme en haut des marches du métro par une horde de pétitionnaires : Action contre La faim, Maïs chaud,  Contre la fermeture des hôpitaux, et pour les Témoins de Jehovah ou pour la distribution massive de Styliste en France. Tu as à peine la force de dire non merci. Tu te faufiles direct à la boulangerie du coin. Ca retarde un peu le kick off de la 3ème journée. Tu racontes même ta life à la boulangère histoire de grapiller 3 mn. Si tu crois qu’elle t’a pas grillée, lol.

Tu passes au Franprix, il manque toujours du lait (t’en peux plus d’acheter du lait). Tu clopines avec l’épaule cassée et la colonne vertébrale en miette ton six pack (de lait) à la main PLUS une tonne d’autres courses. Tu vois toujours trop gros au Franprix. Tu tournes la clé dans la porte. Il est 20h. Et c’est parti pour le show. La 3ème journée commence.

Bizarrement, t’es pas trop au top de ta forme. Il reste tant de choses à faire … que la seule chose à faire, et de les prendre une à la fois. Certaines tâches sont archi-prioritaires comme : « Maman je crois que j’ai des poux ». Celle-ci est assez fatale et signe en général ton arrêt de mort, car viennent s’intercaler dans ton planning déjà chargé le traitement urgent de toutes les têtes et le changement obligatoire de toutes les literies. Même si t’as pris le Pouxit 15 mn, t’en a en tout pour 2h supp’ au bas mot au total.

La 3ème journée regorge de tâches sympathiques qui viennent se greffer dans le programme minimum syndical du devoirs-diner-lave-vaisselle-dents-devoirs-pyjamas-dodo. Outre les poux, les exposés à faire, les machines de linge qui se bloquent, les chaussettes qui se perdent, les tenues du lendemain introuvables, les sacs de piscine à préparer, les récitations à réciter, les mots et contrôles à signer par dizaine  sinonj’aiuneheuredecolle, tu dois trouver quand même une minute pour enlever tes bottes, avant 22h, Merde.

C’est là que tu vois qu’en fait tu crois que t’es fatiguée à la fin de la 2ème journée, mais en fait ce n’était  pas vrai ! Tu avais encore plein d’énergie en vrai !

La 3ème journée est la plus exigeante de toutes : parce qu’elle est la dernière ligne droite d’une longue journée, et que tu dois la faire avec le sourire et la patience nécessaires, sinon c’est pas juste pour eux. Eux que tu ne vois qu’une heure le matin, et une heure le soir. Et il faudrait qu’ils ne te voient que fatiguée ? Qu’ils aient l’image d’un parent sans cesse usé ou à bout ? Non tu ne veux pas que ça se passe comme ça, ce n’est pas acceptable. Ils ont aussi droit à un parent en forme, souriant, patient, et zen. Alors tu le fais. Parce que c’est comme ça. Parce que c’est la 3ème journée.

Parent de la 3ème journée, courage, you are not alone. Si tu es gentil, un jour je te parlerai de la 4ème journée, celle qui commence quand ils dorment et qui se termine … par du repassage.

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