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Je ne sais pas trop comment aborder ce sujet. De plus en plus, au sein d'assemblées/ réunions/ retrouvailles d'ami(e)s, mes ami(e)s, je me retrouve la seule à avoir un boulot autour de la table. La seule pas au chômage. La seule cadre avec un emploi pas chez Pôle. 

 

Les autres sont : au chômage seul(e), au chômage seul(e) avec enfants, au chômage en couple, au chômage en couple avec enfants, au chômage à deux au chômage, au chômage tout court, au chômage en fin de droit…. Pas moi. J'ai le sésame, le saint graal, un CDI qui fait rentrer du cash à la fin du mois, pas des indemnités qui font tic tac tic tac tic tac. Ca me met mal à l'aise. En 2013, pour la première fois, je me sens … à part. La marée montante inéxorable du chômage a grignoté toute une étendue de mon réseau, et m'a laissée seule sur un ilôt. Naufragée du CDI. 

 

On papote, on échange, on discute de nos vies … enfin, eux/elles. Pas moi, moi je me la ferme, je me fais toute petite, je n'ose pas partager, je n'ose pas dire que je suis fatiguée, épuisée, que je cours toute la journée, que j'ai le dos en miettes, les nerfs à vif, le moral tendu. J'y vais au compte goutte. Est ce que j'ai le droit de me plaindre ? De me plaindre du RER, des horaires, du stress, du salaire ? Non. J'ai un CDI. Je me la ferme. J'ai des problèmes de riche

 

Les problèmes de mes ami(e)s ne sont pas des problèmes de riche. Ce sont des problèmes graves, de recherche d'emploi infructueuse et pénible, depuis un temps trop long. Des problèmes de fin de droits qui pointent leur nez. Des problèmes d'espoir, des problèmes de vie, pas des problèmes de riche. 2013… Qu'est ce qui se passe…. 

 

 

Ilot