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Ceux qui me connaissent vous le diront, je ne suis pas une chochotte. Bah, j'ai 5 enfants aussi, ça aide. Mais là n'est pas le propos. Depuis une dizaine jours, mes nuits sont courtes et agitées par un roulement continu d'enfants malades. Bah j'ai 5 enfants aussi, ça aide. Mais là n'est pas le propos. Le propos, le vif du sujet, c'est que donc je suis plus fatiguée que d'habitude. Pas chochotte, mais limite quoi. Et c'est là que j'ai réalisé, dans ce moment de faiblesse, à quel point les trajets quotidiens dans les transports en commun sont mortels. Au sens propre. Non mais tu joues ta vie tous les matins et tous les soirs si t'es pas à 110% de ta forme hein, faut pas croire !

 

Alors j'ai fait la liste des points chauds bouillants pour ta vie, et je te la donne, pour ton manuel de survie :

 

– l'attente sur le quai bondé de la ligne 14 (si si ça existe), là déjà tu sors à peine du lit, t'as même pas eu temps d'avaler un café, et pourtant, t'as déjà compris que tu vas perdre ton premier train par forfait, parce que tu n'as pas la force de te battre pour rentrer ni dans le premier ni dans le deuxième train, mais peut être dans le troisième, sur un malentendu. En attendant, tu dois rester sur le qui vive bien alerte pour bien avancer, et pas rester derrière ad vitam eternam.

 

–  la sortie de la vague humaine du RER A, ça, c'est le moment crucial, quand tu dois prendre les paris sur où exactement sur le quai la porte du wagon s'ouvrivra. A quelques centimètres près, tu peux te retrouver derrière 2m50 de chair humaine et louper ton train. C'est limite un job pour Les Experts Miami. Et si tu t'es bien placée, Ô joie, tu es pile poil contre la porte qui s'ouvre quand quand le wagon vomit littéralement de l'humain. 

 

– l'engouffrement de ta propre vague humaine dans le wagon déjà plein. Tu croyais que j'allais dire dans le wagon une fois vidé, mais il n'est jamais vidé le wagon ! C'est un mythe. Comme le Père Noël. Tu n'as pas besoin de faire grand chose à cette étape, car le vent flot humain t'emportera. D'un coup, tu ne sais pas comment, tu te retrouves de l'autre côté du petit homme en gilet jaune fluo, et il crie dans tes oreilles "avancez dans les couloirs s'il vous plait !" ça c'est le moment où tout le monde lole ensemble dans le RER A. C'en est presque humain. 

 

– la station debout en sandwich sardines balottés au gré des coups de frein violents du RER A. Mis à part le fait que tu as chaud, que tu stresses pour pas te faire pickpocketer quoique ce soit, et que tu redoutes les mains baladeuses, tu dois absolument faire gaffe à pas vomir ! Non mais quand t'es pas à 110% de ta forme, c'est pas évident d'être en lévitation contre une vitre, et de passer de 80 km/h à 0km/h en deux secondes. 

 

– résister pour ne pas sortir en courant à chaque station tellement t'aimerais t'avouer vaincue, mais tu sais que tu ne peux pas parce que tu dois aller bosser. Tu dois. Rien à rajouter votre honneur. 

 

– te faire vomir hors de la gueule du wagon une fois que c'est bien ta sortie. C'est pas mal, c'est comme pour monter, si tu choisis le bon courant descendant, t'as zéro calories à dépenser parce que tu te fais littéralement porter par la marée humaine, peinarde.  

 

– remettre ton sac correctement, te recoiffer, et réajuster ton manteau une fois que la marée humaine a quitté le quai. Mais fais y gaffe, la marée suivante arrive avant que tu aies pu faire 40 pas (j'ai compté) donc dépêche. Ou grouille, si tu es un enfant des 70's, grouille c'est mieux. 

 

– te faire traquer à chaque tourniquet par des gens qui ont oublié leur navigo (je suis gentille avec le oublié, vous noterez), qui au mieux t'embrochent par derrière en te prévenant en temps réel, pour se faufiler avec toi, et au pire, t'embrochent par derrière sans te prévenir pour se faufiler avec toi à travers les portes de sortie du RER A. En tous la cas, note bien que l'embrochage ne se fait jamais dans la douceur. Ames sensibles s'abstenir. 

 

 

Metro morguefile
photo morguefile, com'd'hab.