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Oserais-je résumer 1000 pages en trois mots ? Certainement : une-longue-agonie. L'agonie des marins anglais aux environs de 1850, partis explorer les mers du Grand Nord à la recherche d'un passage au travers de la banquise. Sans appli Star Map d'iPhone. Sans GPS. Sans passer par la case départ. Sans toucher les 20000. Grosso Modo, du suicide. Ces hommes étaient des héros. 3 ans à attendre une fonte des glaces, navire coincé dans la banquise, sans Damart, sans Skype, sans passer par la case départ, sans toucher les 20000. Motivés à rester en vie pour God Save the Queen, pour une chance d'écrire leur nom sur la carte des mers, sur un détroit ou une pointe de Presque Ile gelée. Sans technologie Daucy, sans Biseptine, sans réchauffement climatique, sans passer par la case départ, sans toucher les 20000. Grande fan de Dan Simmons devant l'éternel (totalement pas objective, donc), ce roman n'a pas (pour moi) l'envolée d'un Ilium, d'un Olympos, d'un Hyperion, mais d'un autre côté il n'est pas dans la même lignée, il tire plus du côté de l'Echiquier du Mal. Cependant, impossible de lâcher l'affaire avant la fin, on se prend d'amour (et de désespoir) pour ces marins à l'héroïsme inégalé, à la force de vivre sans précédent. Sans passer par la case départ. Sans toucher les 20000. Je suis sûre que ces hommes ont existé. Je n'ai jamais pensé à eux et à leur longue agonie avant d'avoir lu Terreur. On devrait penser à eux plus souvent. God save Simmons 😉

 

 

Terreur