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On se rend à l'évidence comme on se rend à l'échafaud. 

Avant de se rendre à l'évidence, généralement le parcours est long, et semé de signaux d'alerte…. qu'on balaye de la main, ou du coeur, prestement. 
On résiste, on ferme les yeux, on insiste, on ne peut pas se tromper. Pas nous. Et on persévère, d'impasse en impasse, de petits succès en grosses défaites, jusqu'à temps qu'il n'y ait plus que des défaites, et là un grand signe se dresse : "Bienvenue à l'évidence". 
Le moment où l'on se rend à l'évidence, n'est généralement pas un bon moment. C'est le moment où l'on cesse de se battre par forfait ou par usure, et non pas par conviction…. ce qui n'est jamais super agréable. 
Se rendre à l'évidence, c'est dur. Mais ce n'est pas le plus dur… le plus dur, c'est de l'accepter, et d'aller de l'avant, de tourner la page et de continuer sa route sur une voie que l'on ne voulait pas voir, mais que l'on a prise parce que tous les autres chemins sont finalement des impasses.  
L'évidence est une couleuvre. Vraiment pas si facile à avaler que ça.