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Il y a des histoires qui commencent inlassablement par le célèbre  "je connais une femme qui …" Ces histoires que l'on voit parfois se jouer en live sur les trottoirs, chez "les autres couples" . Mais pas "chez nous", oh non. 


Je connais une femme qui vit avec un homme violent, Je connais une femme qui … " L'histoire de cette femme que je connais qui est allée cent fois devant le commissariat, sans jamais oser en franchir la porte. De peur que ses paroles ne lui créent encore plus d'ennuis qu'elle n'en a déjà avec son mari violent. Cette femme que je connais qui ne sait plus si ce sont les conséquences de ses paroles ou celles de son silence qui lui feront le plus mal. Se taire et souffrir ?  Ou parler et souffrir ? "

Subir la violence conjugale, ce n'est pas seulement souffrir des coups. La souffrance prend mille visages. C'est souffrir des menaces, des non dits, d'une position de faiblesse physique, d'intimidation, d'isolement progressif, privations, contraintes, séquestrations, insultes…. La violence sans coups est peut être encore plus répandue et non dite que celle avec coups, plus voyante, plus incriminante. 
"Ces femmes que je connais", leur histoire est mon histoire. Leur combat est mon combat. Je suis une femme comme elle. Un jour, la violence peut s'inviter … car non, elle n'arrive pas "qu'aux autres". Je veux être solidaire de ces femmes, pas indifférente. Pas silencieuse. 
Toutes les femmes devraient apprendre le combat à l'école. Toutes. Parce que "les autres" n'existe pas. Les autres, c'est nous. Signer une pétition, c'est bien, apprendre la rhétorique, c'est intéressant, mais ne pas craindre la supériorité physique, c'est mieux. Et d'après moi beaucoup plus efficace. 
La violence par la violence ? Oui, tant que le respect ne sera qu'une valeur secondaire et accessoire sur cette terre.