#Livres à lire : la trilogie SILO de Hugh Howey

Une trilogie SF passionnante, qui se passe sous terre dans un futur post-apocalyptique proche. Avec des personnages principaux attachants et beaucoup d’intensité, Hugh Howey a réussi à écrire une saga géniale avec ingrédients et un contexte simples. En gros, oui, je vous recommande vivement : SILO de Hugh Howey et ses suites, Origines et Générations.  Attention, il faut les lire dans cet ordre : Silo, Silo Origines puis Silo Generations.

Extrait officiel :  » Dans un futur indéterminé, des survivants vivent depuis plusieurs générations dans un immense silo creusé dans la terre, à l’abri d’une atmosphère devenue toxique. Seul un immense écran relayant les images filmées par des caméras les relie au monde extérieur. Lorsque cette société bannit l’un des siens, il est envoyé dehors, vers une mort certaine, et pourtant, tous sans exception vont, avant de mourir, nettoyer les capteurs des caméras. Pourquoi ? Une grande bouffée d’air (frais) dans la SF. »

 

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#Livre à lire : Le Lecteur de Cadavres d’Antonio Garrido

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Chaudement recommandé par une amie, j’ai cessé toutes lectures en cours, et je me suis plongée dans « Le Lecteur de cadavres », que j’ai effectivement lu d’une traite, incapable de m’arrêter. Enfin, j’ai quand même dormi un peu, les yeux brûlaient.

Le pitch est simple, c’est un roman historique qui se passe en Chine Médiévale, sur la vie de Song Ci, qui devient peu à peu le premier médecin légiste de tous les temps.  Si tu es intrigué/e par ces deux hashtags #ChineMédiévale et #MédecinLégiste, fonce, ce livre est magnifique.

C’est simple, j’ai tout adoré ! Sans spoiler :

  • la construction du livre est intense, on passe de rebondissement en rebondissement, c’est parfait
  • l’écriture est riche et crue, à la fois détaillée, précise mais aussi dure et sans pitié, âmes sensibles s’abstenir
  • l’histoire est documentée de fou, on apprend énormément sur la Chine du XIII : l’allégeance à la famille, à l’empereur NingZong, les conditions de vie, c’est impressionnant
  • et enfin, le plus important, l’évolution du métier passionnant du protagoniste Song Ci, le premier médecin légal connu est extrêmement bien décrite. Song Ci est un personnage réel, qui a laissé derrière lui non pas une bio, mais 5 énormes traités de médecine légale, les premiers au monde, le Xi Yuan Ji Lu, publié en 1247 !

Résumé officiel : « Ci Song est un jeune garçon d’origine modeste qui vit dans la Chine du XIIIe siècle. Après la mort de ses parents, l’incendie de leur maison et l’arrestation de son frère, il quitte son village avec sa petite sœur malade. C’est à Lin’an, capitale de l’empire, qu’il devient fossoyeur des « champs de la mort » avant d’accéder à la prestigieuse Académie Ming. Son talent pour expliquer les causes d’un décès le rend célèbre. Lorsque l’écho de ses exploits parvient aux oreilles de l’empereur, celui-ci le convoque pour enquêter sur une série d’assassinats. S’il réussit, il entrera au sein du Conseil des Châtiments ; s’il échoue, c’est la mort. C’est ainsi que Cí Song, le lecteur de cadavres, devient le premier médecin légiste de tous les temps. Un roman, inspiré par la vie d’un personnage réel, captivant et richement documenté où, dans la Chine exotique de l’époque médiévale, la haine côtoie l’ambition, comme l’amour, la mort. »

Merci Antonio Garrido !

Ah, dernier conseil, quand toi aussi tu auras fini la lecture d’une traite, surtout lis la Note de l’Auteur à la fin, sur sa démarche d’écriture, passionnant aussi !

Pour acheter le livre, il y en a ici. 

 

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Ce qu’il faut vraiment savoir sur la Station F, Paris 13e

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Gros Buzz sur la Station F depuis le mois de juin, alors pour toi l’ami/e, je fais un petit résumé, après y avoir personnellement mis les pieds (quand on bosse dans le digital, un moment magique). Pour briller au prochain diner, retiens les mots en gras. De rien, vraiment.

Inaugurée le 29 juin dernier, à 50m de chez moi, j’avoue, la Station F claque. « Le plus grand campus / incubateur de start-up au monde » = c’est ma p’tite fierté de voisinage, inutile de te dire à quel point je me la suis appropriée, en deux mots, la Station F c’est chez moi hein.

Des années de travaux et rénovation (vrai !) de l’ancienne Halle Freyssinet (=> « F ») abandonnée, 34000 m2 devenus magnifiques pour accueillir environ 1000 start-up. Je dis personnellement merci à Xavier Niel pour sa vision… et ses fonds : 250 millions d’euro. La French Tech aussi dit merci. C’est grandiose, j’adore.

On ne parle pas assez des architectes, l’agence Wilmotte & Associés, beau boulot sur 58 mètres de large et 310 mètres de long, (= Tour Eiffel) . Un terrain de jeu royal. Enorme.

Le bâtiment est séparé en 3 zones, une zone « share », une zone « create », et une zone « chill ». Dans le couloir entre les zones « share » et « create » on peut admirer l’énorme statue/oeuvre « pâte à modeler » de Jeff Koons. Steuplé. Jeff KoonsLa zone « chill » sera terminée à la fin de l’année, et c’est la seule qui sera ouverte au public, avec un resto et un café. Le resto aura une capacité de 1000 personnes avec 4 cuisines et sera ouvert 24/24 et 7/7. Fun.

Quelques mots sur les locataires chanceux qui incubent déjà : l’accélérateur Edhec Business School, l’incubateur HEC Paris, l’accélérateur Arts et Métiers, l’accélérateur Vente Privée, le Start Up Garage de Facebook, le programme gaming et Entertainement d’Ubisoft, le programme IA (Intelligence Artificielle) de Microsoft, etc… . Tout ce petit monde travaille et vit sous la direction de Roxanne Varza. 

Voilà tu sais tout.

Pour en lire plus,  j’aime bien cet article. 

Pour visiter, il y a un mail : visits@stationf.co

Pour d’autres photos que les miennes, ou les liens twitter etc, il y a le site de la #StationF

Allez, comme promis, visite du propriétaire, grâce à une réunion avec une des start-up présentes. Enjoy.

 

 

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Mon deuxième #Marathon, le #MiamiMarathon. Récit.

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3h30 du matin, le réveil sonne. Pas grave, ça fait déjà une heure que je suis réveillée dans le lit (sic), impatiente et nerveuse que je suis. Toutes mes affaires sont prêtes sur la table du salon, je m’habille en silence, je fais mentalement le check final : dossard, Garmin, gels, eau, au moins j’ai le plus important. Je sors dans la nuit direction le métro.

4h. Je suis dans la première rame, avec une poignée d’autres coureurs. On échange des sourires. Je mange une banane et je bois de l’eau. Keep it simple.

5h15. Mon sac est à la consigne, mon gilet sur les épaules, il fait hyper froid -pour Miami j’entends- une dizaine de degrés. Direction le sas de départ. Le premier départ, celui des gazelles-fusées se fait à 6h, puis c’est échelonné, classique.

Je gèle. On essaye de se regrouper compact dans le sas pour se tenir chaud. Et bien sûr, on se demande comment ça va se passer. Est-ce que je vais me blesser ? Est-ce que ça va aller ? Aucune idée, et c’est ça la beauté de l’histoire. Il faut la vivre.

Environ 6h40, c’est à nous ! Je suis gracieuse, tel un petit glaçon sans pattes qui s’élance sur le parcours.

Après les 100 premiers mètres : LA PLUIE ! Et je préfère désamorcer tout de suite le suspens, oui il a plu jusqu’au bout des 42,195 KM. Non-stop jusqu’au bout.

=> A quoi je pense à ce moment là ? « Rien à taper, ça fait 3h que je suis réveillée, 6 mois que je m’entraine, j’ai 700 KM d’entrainement derrière moi, là j’ai un Marathon à courir, et c’est pas la pluie qui va m’arrêter. » Je suis assez motivée, j’avoue, j’ai la Grinta.

C’est parti, je ne me pose plus de question. Je ne pense plus à rien, qu’au moment présent. Je suis en mode « Run the mile you’re in. » Le passé n’est plus, le futur n’est pas. Il n’y a que le kilomètre présent qui existe. Je ne suis pas au jour le jour, je suis au pas le pas. Focus et flow.

Je ne regarde pas ma montre, je ne compte pas les kilomètres. Je cours. Il n’y a que la course et moi, que le bitume et moi, et que la ligne d’arrivée qui m’arrêtera. Je cours, c’est tout. Brut de fonderie. Un peu en mode bourin. Ca fait du bien, être seule avec sa course.

MILE 5. KM 8. Mon estomac grogne. Je crève la dalle. J’ai faim de chez faim. C’est parti pour le premier gel, un tous les 8km, nickel.

MILE 6. KM 10.  Je jette un rapide coup d’oeil sur le chrono, timing 1:04 de course, pas mal. Je me sens bien, je suis encore dans le flow et le focus. Je cours, et c’est tout. C’est bizarre, ça passe vite le moment présent. Je me retrouve à 20 km. Je n’ai rien senti passer. On est en plein Downtown Miami. Mon gilet est carrément trempé, il pèse une tonne. Je fais un mini crochet et le laisse à une femme endormie sous un pont.

MILE 13. KM 21. Le parcours se sépare, les semi-marathoniens nous quittent vers la gauche. Je tourne à droite. Timing 2h16 pour le semi. Bah, ça va.

=> Je fais quoi à ce moment là? Sous la bannière de séparation des deux parcours, instinctivement je pousse un cri, comme de victoire, comme de rage, comme de plaisir intense, tout ça se mélange de toutes les façons. Le Marathon continue. Run the mile you’re in. Pas de question. Rester dans le présent. Focus. Flow. 

MILE 16. KM 26. Mon esprit est en lutte intense contre mes chaussettes. Si si. J’ai la sensation qu’elles font comme un étau, un garrot autour de mes chevilles. Que mes chevilles vont exploser. Je me mets à rêver de ciseaux pour les déchiqueter. Je me déconcentre, j’imagine même taper à une porte de maison demander un cutter, ou finir la course sans chaussette, ou les déchirer avec mes vieilles canines d’omnivore. Je mets 1 ou 2 kilomètres à chasser l’obsession de mes chaussettes de mon esprit et à me re-concentrer sur ma course. Pénible. Mais j’y arrive, et je n’y repenserai plus de toute la course. Ouf.

Focus. Run the mile you’re in. Flow.

MILE 20. KM 32 ! Ok, il ne reste plus que 10 km ! Je regarde ma montre et là je vois un truc de fou : j’en suis PILE à 3h30 de course. Le timing idéal, rêvé, théoriquement incroyable, et que même si j’avais voulu faire exprès, je n’aurai pas pu faire mieux. J’ai couru exactement 10.5 mn par mile pendant 20 miles. Quasi parfait (la perfection se situant à 10 mn pile). Magnifique, génial, je suis aux anges. Je caresse la possibilité théorique de finir en 4h30.  Voire 4h29… J’ai un grand sourire, la banane, la pêche, la foi. La grinta. Je suis en pleine forme.

Je change de mantra pour les 10 derniers km, ce n’est plus « focus & flow ». C’est maintenant « Run fast run hard, run long run strong ». Cette phrase pourtant banale que j’avais lue me tourne en boucle dans la tête, elle cadence mes pas et ma course, en continu. « Run fast run hard, run long run strong »« Run fast run hard, run long run strong »« Run fast run hard, run long run strong »« Run fast run hard, run long run strong ». 

Je me concentre pour ne pas ralentir, pour finir ma course « forte » et avec la grinta intacte.  J’y crois à fond. Je prends mes repères sur les 4 coureurs qui m’entourent. 3 hommes et une femme. Je me concentre pour ne pas les lâcher d’une semelle.« Run fast run hard, run long run strong ». A la seconde où je me déconcentre, je vois que mon corps ralenti immédiatement. Incroyable. Cqfd, je DOIS rester concentrée pour garder mon rythme. La déconcentration c’est la fin des haricots.

MILE 23. KM 37. Kilomètre spécial dans mon coeur. Il en reste 5 à faire, une bagatelle théoriquement. L’année dernière au Marathon de Paris, c’est là que j’avais perdu la foi. D’un coup d’un seul, j’avais ralenti, à moitié moins vite ! J’avais mis 1h à faire les 5 derniers KM à Paris. Cette année, j’ai une GROSSE revanche à prendre sur ces 5 derniers KM. Je veux les finir forte. Revenge. La grinta.

Je ne lâche RIEN. Pas une semelle. Bon, presque. Je me cale toujours sur les 4 coureurs qui m’entourent, je suis contente parce qu’ils ne lâchent rien non plus. Pas une seule pensée de déconcentration. La course et moi, c’est tout ce qui existe. Plus les chaussettes, plus la pluie, plus la faim, plus rien. Juste la course et moi. Elle et moi. Et je veux gagner. Je suis forte. J’accélère la cadence de la petite rengaine « Run fast run hard, run long run strong »« Run fast run hard, run long run strong »« Run fast run hard, run long run strong ». C’est répétitif, mais c’est ça qui me permet de rester concentrée et forte.

MILE 25. KM 40. Une bouffée de force intense m’envahit. Je n’ai mal nulle part, je n’ai aucune blessure, je me sens au mieux de ma forme. J’ai l’impression d’être un lion, que je n’ai pas de limite. J’ai un grand sourire, la banane, la pêche, la foi. Je sais maintenant que plus rien ne peut m’arriver, que je peux courir à fond, tout donner, et finir forte ce Marathon. Ma revanche, je l’ai, et je viens de le comprendre. Ca décuple mes forces.

C’est incroyable. Je suis en train de courir les 2 derniers KM de mon marathon plus vite que les 40 premiers. Je suis en train d’accélérer, et je me sens bien ! Bizarre, je n’en reviens pas moi même, et je profite de cet état de grâce sans me poser de question.

Allez tant que j’y suis, je me tape un petit « sprint final » sur les derniers mètres. Dans ma tête je suis Usain Bolt. Trop d’endorphines je crois. Purée c’est bon les endorphines.

MILE 26.2, KM 42.195. Timing : 04:36:29. Je suis vivante, je suis en bonne santé, je suis libre. Je suis heureuse.

finisher

Rest in Peace George Michael

 

Encore un douloureux rappel de notre si fragile existence. D’une seconde à l’autre une présence qui nous accompagne depuis des décennies nous quitte brutalement. Après 10 ans de blogging, c’est sans doute une des notes les plus douloureuses -avec celle sur David Bowie- que je publie. Celle-ci vient clôturer 2016 avec un vide dans le coeur. Repose en paix l’ami.

george_michael

« Supreme » pour la playlist #radioblogueurs2016 de @radioblogueurs

Dans la vie, il y a des trucs importants à faire, et des rdv à ne pas manquer. La Radio des blogueurs de @lolobobo fait partie de ces 2 catégories. C’est quasiment le seul rdv annuel virtuel entre blogueurs auquel je participe 🙂

Ma chanson-contribution de cette été sera celle qui m’a accompagnée pendant toute ma préparation de Marathon : Supreme de Robbie Williams. Du coup elle a un goût particulier à mes oreilles, celui de la sueur et de l’accomplissement (assez délicieux comme goût).

Elle commence à dater un peu, forcément, elle est sortie en 2000, et reprend quelques notes extrapolées de I will Survive de Gloria Gaynor. Bonito.

 

 

Et voici le player de la Radio Blogueurs 2016 :

 

écoutez la radio des blogueurs

 

Je ne tague personne, mais libre à vous de faire comme si, bel été en musique !

 

lolo

Celle qui voulait partir

Directrice d’école et fière de l’être. Sa vie est rangée, organisée, millimétrée. Elle est occupée, très occupée. Elle a mille choses en tête : les noms et prénoms de centaines d’enfants dans ses classes, ou ceux déjà passés par son école, le visage de leurs parents, les anecdotes de leurs parents. Ses heures libres elle les passe à corriger des copies ou à préparer ses cours. Le dimanche, elle fait un scrabble. Elle connait tous les mots obscurs acceptés au scrabble. Elle connait la définition de AY, KA, ou WU. Elle peut citer 6 mots de 3 lettres commençant par N et acceptés au scrabble NAY  NEE  NEF  NEM  NEO  NES. Parfois le soir, elle reçoit à diner un couple d’amis. Elle s’occupe de sa maison, de son mari, de son fils. Elle est directrice d’école et fière de l’être.

Elle ouvre les yeux. Dans la pénombre de sa minuscule chambre, elle ne distingue rien. Elle ne voit pas ses cheveux gris, un peu trop gras, un poil trop longs, tomber le long de sa chemise de nuit. Elle ne sait plus où elle est. Dans son appartement, dans une chambre d’hôpital, ailleurs ? Et quelle heure peut-il bien être ? Et quel jour de la semaine se lève ? De toutes les façons, tout ça n’a plus d’importance, elle n’attend qu’une chose. Que la mort mette un terme à cette fin de vie sans intérêt, sans joie, sans but, et surtout sans mémoire.

Elle, la jolie Directrice d’école que toute la ville connaissait, enviait et admirait, sénile, perdue dans les pages de son éphéméride, est-on en juin 2012 ? en juin 2009 ?  Elle qui était occupée, si occupée, aujourd’hui assise dans un fauteuil incliné à releveur relax 12h par jour le regard perdu à la fenêtre vers l’immeuble d’en face. Elle qui pouvait avoir mille choses en tête, ne se souvient pas de ce qu’elle a mangé hier soir. Elle qui passait ses heures libres à corriger des copies ou à préparer ses cours, ne sait plus qu’elle doit laver ses habits. Elle qui gérait des centaines d’élèves, ne s’occupe plus de personne, et même plus d’elle-même. Elle était directrice d’école et fière de l’être. De ça, elle s’en souvient encore, pour l’instant. Mais le reste il vaut mieux l’oublier. Autant que sa mémoire la quitte pour de bon, plutôt que de la narguer à revenir par à coups pour lui faire ouvrir les yeux sur ce qu’est devenue sa vie.

 Si la femme qu’elle était, portait un regard aujourd’hui sur la femme qu’elle est devenue, se reconnaitrait-elle ? Si la femme qu’elle était, savait qu’elle deviendrait la femme qu’elle est, l’aurait-elle seulement cru ? Si la femme qu’elle était avait pu changer quelque chose pour aider la femme qu’elle deviendrait, l’aurait-elle fait ?

Son troisième âge est pour elle aujourd’hui comme un long coup de poignard dans le dos, qui n’en finit pas de tourner et retourner dans les chairs à vif. Une fin de vie qui ne lui offre en souvenir que des larmes sans fin que personne ne voit couler le long de ses fines rides. 

Quand je lui tiens les mains et que je l’embrasse, j’embrasse aussi la jolie Directrice d’école que tout le monde connaissait et admirait.

#ParisMarathon, menu de mon premier marathon

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Rêve réalisé, je suis marathonienne à dater du dimanche 3 avril 2016 ! Plus beau challenge de ma life !

OK, maintenant pour les détails.

Oui, finalement c’était aussi dur que ce que je pensais. Mais pas de la façon dont je l’imaginais, histoire de laisser un peu de suspens pendant 42,195 km. La douleur n’a pas été brutale « le mur, toussa, toussa », mais elle a été progressive et insidieuse à partir des 10 derniers km… et surtout des 5 derniers. (J’ai été plus forte qu’elle quand même).

Vu que j’allais dans l’inconnu total, j‘avais 3 objectifs. Le théorique à 4h15, le 2nd entre 4h15 et 5H, et le dernier, l’objectif de base du 1er Marathon : le terminer, vivante (grosse pression de ma mère sur celui là). J’ai fini à 5h03. Mais c’est pas ça le plus important. Le plus important c’est la première phrase là haut, faut jamais oublier ça 🙂

Pendant mon entrainement, je savais, je savais, je savais, qu’il fallait que je prépare mon mental autant que mes jambes, si ce n’est mieux, parce que je me disais au cas où mes jambes me lâchent (ce qui était normal et quand même attendu pour cette distance) je savais que je pourrai compter sur mon mental pour ne jamais lâcher l’affaire. J’ai bien fait d’entrainer les deux les gars.

Départ : magique, mais mollo. 

Pourquoi j’y suis allé mollo ? Déjà à cause ma mère. Mais sinon, aussi parce que j’avais entendu mille histoires de gens qui vont trop vite au début, se grillent, et explosent au 30ème. Et bien ces histoires sont vraies. Je les ai vus, de mes yeux, vus. Dur.

Ma première impression de ce Marathon a été une une super ambiance, internationale, une course mythique, mais aussi une énorme surprise sur le nombre  de gens qui marchent tout au long du parcours, même dans les premiers km …et alors à partir du 39ème km, ceux qui couraient étaient plus rares que ceux qui marchaient. Chaud bouillant.

Les premiers 33 / 34 km ont été magiques, je n’ai rien vu passer, rien senti, j’ai profité de chaque foulée, j’ai adoré chaque seconde, j’étais dans l’instant présent toute la course, j’étais dans mon élément. Le bonheur. J’étais heureuse d’être là, j’avais de la chance d’être là et je le savais. Gratitude et sourire, tout au long de ces 33/34 premiers kilomètres.

Au 33ème, mes jambes ont commencé à montrer des signes de fatigue manifeste, et c’est là que j’ai commencé à ralentir, j’étais bien, mais juste moins bien quoi. 

34ème, j’appelle ma tête, je lui dit de passer la seconde.  Je lui ai dit, là, ça va être à toi de jouer vraiment, maintenant. Et le cerveau sergent général des armées à pris les choses en main : tu ne lâches rien. Bon, juste un peu de vitesse, mais rien de plus.

35ème : ma tête est forte, je préfère cent millions de fois plus la douleur que les regrets, je ne marcherai pas.

36ème : hors de question de marcher, tu es plus forte que ce marathon. Ma tête parle à mes jambes en direct, ça ne transite plus par moi. A aucun moment je ne sombre dans le négativisme, je savais que ça allait être dur et ça l’était. Point final.

Au 37ème, my god. Chaud patate. Sérieux les kilomètres à partir du 37 font LE DOUBLE des kilomètres normaux d’avant. Y’a énorme dol.

Mais le cerveau sergent général heureusement lui ne craint pas la fatigue, il est resté incorruptible. Tu ne lâches rien, un pied devant l’autre. Dans ma tête, je compte jusqu’à 4 en boucle, sur un air militaire. 1234, 1234, 1234…. je ne pense qu’à ça, je compte et je mets un pied devant l’autre, je ne pense à rien d’autre. 

Si, je pense à une seule autre chose : chaque kilomètre a une personne associée. Je compte, je pense à la personne pour qu’elle me donne des forces, je compte, je pense, je compte, je pense.

Quoi le fuck  : qui a mis des sections pavées sur la fin du parcours ?  Un sadique. Le mental se marre, il se bidonne sur cette petite blagounette, et il reste plus fort que les pavés, je ne marcherai pas. On arrête quand on a fini, pas quand on a mal. 

Au 40ème, énorme banane … mais plus de jus dans les jambes, elles sont complètement mortes. Je ne peux que maintenir mon allure, comme un robot. Et c’est déjà bien, me souffle le cerveau sergent général, vu le nombre de gens qui marchent autour de moi … pas faux, je lui réponds. La course est sensée faire mal, on s’entraine pour pouvoir le supporter, c’est ça, le verbe endurer. Endurance. Marathon. La boucle est bouclée.

Une fois le 42 ème arrivé, il faut savoir que « courir » se réduisait alors à « ne pas marcher », le tout en boitant. Mais pour les derniers 195 m juste pour la forme, j’ai « accéléré » (morte de rigole).

Sur la ligne d’arrivée : j‘essaye de sourire pour la photo, je lève les yeux au ciel et je crie MERCI dans ma tête. Puis YES. Puis je pleure. Puis je remercie mon corps pour ce qu’il a accompli, et je remercie mon mental d’avoir été fort. Puis je me rend compte que je boite, mais je m’en fous, je suis la fille la plus heureuse du monde à ce moment là.

Je n’ai pas marché une seule fois. Pas une fois je n’ai lâché. Pas une fois je n’ai même considéré lâcher. Ce n’était pas une option. Pour moi, le marathon c’était courir, 42,195 km. Mon mental a été impeccable, il a marché de concert avec mes jambes. J’ai été heureuse et positive toute la durée du Marathon, même quand j’ai réalisé que je ne ferai pas le temps du dossard, osef, même quand je souffrais, osef.

Alors oui j’ai mis 5h03 pour mon premier marathon, 7mn par km en moyenne au lieu des 6 mn prévues …. mais à la fin ce qui compte ? C’est la première phrase la haut, en haut de page : je suis marathonienne 🙂

Attention : je tiens à remercier expressément ici ma famille et mes amis, présents sur le parcours, présents à mes côtés pendant certains kilomètres de la course, ou présents en pensée, pour leur soutien irremplaçable. MERCI. Vous êtes merveilleux.

Encore une fois aussi, merci à mon coach et ma chiro pour ces 7 mois de préparation. Ce matin je n’ai aucune blessure, courbature, je suis en pleine forme, au paradis. C’est grâce à vous 🙂

Bravo à tous les participants, merci aux bénévoles, aux sponsors, aux organisateurs, et à la sécurité.

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#ParisMarathon : à J-1 de mon 1er Marathon

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7 mois que je n’ai aucun autre sujet de conversation ou presque. La meuf relou qui a bassiné son mec, ses enfants, sa famille, ses amis, ses collègues, son boss, son coach et son chiropracteur à la mort. #Boulet #Pardon

Dans 24h, comme pour beaucoup d’autres, mon premier Marathon. 7 mois que j’y pense, jour et nuit. 6 mois que je m’entraîne. Corps et mental.

Je réalise bien que ce Marathon est entouré d’une force démesurément mythique, en grande partie parce que c’est le premier. C’est cet inconnu à qui j’ai pensé secrètement pendant 10 ans, avant d’avoir le courage de m’inscrire pour le rencontrer en face à face. Lui et moi, pendant 4h15. Lui et moi, et mes 56999 autres potes runners.

A vrai dire, au fond de moi, j’ai hâte d’en découdre. Un peu comme un guerrier qu’on a préparé à une bataille, physique et mentale, il y a un moment où le suspens insoutenable doit s’arrêter et où on doit aller conquérir son rêve. 

J’alterne entre des moments où je me sens forte d’une détermination incassable, où je sais avec une certitude absolue que ma motivation à accomplir ce rêve saura me donner le second souffle quand mon corps criera famine. Et d’autres moments, heureusement plus fugaces mais d’une intensité aigue, où l’ampleur de l’évènement me dépasse, et où je me laisse déborder par son énormité 42,195 km. 

Dans le doute, toujours recadrer sur les certitudes. J’ai confiance en mon entrainement, et je veux accomplir mon rêve, devenir marathonienne. #Yaplusqua

Dimanche, quand je passerai la ligne d’arrivée, je lèverai les yeux aux ciel, et je pleurerai de joie, je le sais. Pis après je vous ferai un selfie, et après j’arrêterai de vous saouler avec cette histoire de marathon, promis. 

Marathon de Paris